Automne et hiver

Un dîner, tout ce qu’il y a de plus banal. Pourtant cela se gâte. Le cocon familial s’avère parfois le pire endroit du monde. Même si, en apparence, tout va bien. Autour de la table, il y a le père et la mère et, ce soir-là, leurs deux filles. En général, une fois le repas terminé, elles ne tardent pas à prendre congé. Il n’y a plus alors qu’à enlever le couvert, laver la vaisselle et puis se mettre au lit, la conscience tranquille. Tout le monde semble satisfait. La table une fois desservie, les miettes balayées, il ne reste plus la moindre trace du dîner. Mais cette fois, c’est différent. Les filles s’attardent. Il y a quelque chose qui ne passe pas. Une vieille affaire mal digérée qui perturbe soudain le cours trop limpide des choses. Et qui, en même temps, a du mal à sortir.

Lars Norèn effeuille les faux-soi qui construisent les identités familiales. Il déshabille, ôte un à un les oripeaux, les rôles dont chacun se sert pour se penser en vie. Il décrit les sujets pris dans une impasse: il enchâsse les personnages dans les rets d’une famille régie par un monde économique et bourgeois à l’instar de la mère et de la fille aînée qui, en tentant d’intégrer les codes sociaux de leur monde d’appartenance, perdent toute spontanéité et créativité au profit de stéréotypes mortifères.

Le choix de la marionnette au début du spectacle s’est imposé à moi pour emmurer davantage les personnages dans les normes d’une famille ordinaire ou presque. Pour dire la nécessité pour chacun d’entre eux à avoir un autre soi pour continuer à vivre ensemble.

Famille, je vous hais ! Famille, je vous aime

Mise en scène : Chantal LEBOURG

Auteur : Lars NOREN

Durée : 1h10

Diaporama